Comment veiller à une bonne nutrition ?

Comment veiller à une bonne nutrition ?

Souvent, on remarque que les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou syndromes apparentés, ont des difficultés à manger. Elles présentent fréquemment une altération du statut nutritionnel. Pour favoriser l’appétit il faut savoir transformer les repas en moments festifs. Si malgré tout, votre proche a du mal à manger, il faut l’inciter à manger tout au long du repas.

La maladie d’Alzheimer, maladie dégénérative cérébrale, est à l’origine d’une perte progressive des fonctions cognitives (mémoire, raisonnement et comportement).
Les troubles du comportement alimentaire apparaissent très tôt, varient avec la maladie et augmentent tout au long de son évolution. Au début de la maladie, les troubles du comportement alimentaire sont plutôt défensifs. Avec l’évolution de la maladie s’installe progressivement la difficulté à reconnaître les aliments puis l’incapacité à s’alimenter seul. La personne devient alors entièrement dépendant de l’aidant principal. Le but à atteindre est de prendre en charge cette personne, de manière adaptée en fonction des paliers d’évolution. Un bon état nutritionnel, mais aussi le fait de solliciter et de stimuler la personne atteinte de maladie d’Alzheimer (parole, geste, regard), l’aide à maintenir ses facultés cognitives le plus longtemps possible.

La prise en charge alimentaire doit être précoce, efficace et être adaptée sans cesse en fonction des troubles. Une alimentation peu adaptée (quantité/qualité) va accélérer l’évolution de la maladie. La surveillance du poids du sujet malade et de l’aidant doit être régulière, et sera notée sur un calendrier.

 

SON MÉDECIN VA SURVEILLER SON POIDS TOUS LES MOIS :

Pour le patient, toute perte de poids (> 2 kilos) traduit un risque de dénutrition. Pour l’aidant, une perte de poids met en évidence une limite de tolérance dans la prise en charge du malade. Autour de la famille doit être mis en place un réseau d’aides à domicile faisant intervenir les services de soins, les services sociaux, etc., afin d’apporter un soutien et une aide au-delà des soins eux-mêmes, pour effectuer des tâches ménagères, les courses, les repas, etc.

Un environnement psychoaffectif favorable facilite la prise en charge alimentaire et retarde ainsi l’évolution de la maladie.

Afin d’apporter les réponses adaptées, l’état nutritionnel doit être évalué régulièrement par une pesée mensuelle faite par son médecin généraliste

 

QUELLES CLASSES D’ALIMENTS SONT À CHOISIR?

Souvent on remarque que des personnes, ayant une MA ou trouble apparenté, oublient de manger ou ont des troubles de mastication. En tant qu’aidant il faut privilégier les aliments à base de protéines (tout ce qui est viande, poisson, laitages,…)

Pourquoi les protéines ? Parce qu’avec l’âge, elles ont plus de mal à se fixer. La fonte musculaire peut alors être due à un manque de protéines ingérées. Le fait d’avoir une activité physique minimale complète l’action des protéines et permet aux personnes de conserver leur masse musculaire.

Après 60 ans, les besoins en protéines sont de 1 g/kg/j même si on est en bonne santé et surtout si on reste actif physiquement, alors qu’ils sont de 0,7-0,8 g/kg/j auparavan

 

EN CAS DE PRISE DE POIDS

Normalement le médecin traitant a un suivi régulier de son patient et dans ce cadre, il le pèse une fois par mois.

S’il se rend compte qu’il a grossi, il faut peut-être corriger quelques erreurs : faire trois repas/jour équilibrés, éviter le grignotage, l’inciter à consommer plus de fruits et de légumes, éviter tout ce qui est sucré. Mais il ne faut pas conseiller de restriction alimentaire. Car le fait de perdre du poids pour un sujet âgé peut entrainer une fonte musculaire, ce qui peut en fait avoir des conséquences plus néfastes que le fait de prendre quelques kilos

 

LUTTER CONTRE LA DÉSHYDRATATION

Avec l’âge, la sensation de soif disparaît. Comment y pallier ?

On sait qu’il faut boire 1,5 litre d’eau/jour, par petites quantités, de l’eau gazeuse, des sirops des soupes, des tisanes, des jus de fruits. Si votre parent aime le café pourquoi ne pas proposer du décaféiné. Toute solution alternative est bonne à prendre pour bien l’hydrater.

Face aux fortes chaleurs et lors d’une canicule, pensez à inciter votre parent à boire plus, pas forcément en grande quantité mais par gorgées fréquentes. Pensez à lui dire de s’humidifier le visage…… Pensez aussi à ces conseils lorsque votre parent a de la fièvre ou des diarrhées tout état pouvant conduire à une déshydratation

 

QUE FAIRE FACE AUX « FAUSSES ROUTES » ?

Il faut mixer les aliments pour éviter les fausses routes.
S’il en fait, – apprendre la manœuvre d’Heimlich

  • S’il a fait une « fausse route » et s’il tousse il faut le laisser tousser.
  • S’il ne respire plus car un aliment obstrue la trachée, il faut commencer par des tapes vigoureuses dans le dos puis, si cela ne marche pas, faire la manœuvre d’Heimlich.
  • Vous pouvez prendre conseil auprès de votre orthophoniste ou votre médecin traitant pour des conseils de base si les « fausses routes » sont fréquentes. Par exemple : donner de l’eau gélifiée à la petite cuillère (faire chauffer une feuille de gélatine, laissez refroidir jusqu’à ce que, l’eau se gélifie).
    Il faut mixer les aliments (un par un, ne pas tout mélanger, pour garder le goût).
    Et en cas de fausses routes savoir faire les tapes dans le dos puis la manœuvre d’Heimlich si besoin.

 

COMMENT RECONNAÎTRE UNE PERSONNE QUI S’ÉTOUFFE ?

En avalant de travers, la victime s’étouffe. Elle cherche de l’air, ne peut plus parler, ne peut plus respirer, ne tousse pas.

 

QUE FAIRE ?

  • Il faut au plus vite donner 5 claques dans le dos avec le plat de la main ouverte.
  • Si les signes de l’étouffement persistent, pratiquer la manœuvre d’Heimlich

– En cas d’échec, recommencer les 5 claques dans le dos puis la manœuvre d’Heimlich. En l’absence d’efficacité, la personne va arrêter sa respiration, il faudra alors lui faire un bouche-à-bouche et appeler au plus vite les secours en composant le 15.

 

COMMENT FAIRE ?

5 claques dans le dos
Sur une victime debout ou assise, placez-vous derrière elle, penche-là en avant en soutenant son thorax avec une main bien à plat, et donnez 5 claques vigoureuses dans le dos, entre les deux omoplates avec l’autre main.

 

Pourquoi effectuer des claques dans le dos chez une victime qui étouffe?

Les claques dans le dos provoquent un mouvement de toux et peuvent débloquer le corps étranger qui obstrue.

 

EN CAS D’INEFFICACITÉ DES CLAQUES DANS LE DOS, EFFECTUER LA MANŒUVRE D’HEIMLICH:

  • passer vos bras sous ceux de la victime,
  • mettre un poing au-dessus du nombril, dans le creux épigastrique, sous le sternum, l’autre main par-dessus votre poing,
  • enfoncer le poing d’un coup sec vers vous et vers le haut.
  • Répéter jusqu’à cinq fois cette technique.

 

Pourquoi pratiquer la manœuvre d’Heimlich chez une victime qui étouffe?

En appuyant dans le creux épigastrique vous augmentez la pression dans les poumons et vous permettez l’expulsion vers le haut du corps étranger qui était coincé dans les voies respiratoires.